
Des équipements productifs présentés sur le terrain : leur impact dépend ensuite de leur usage, de leur gestion et du suivi dans la durée.
Autonomisation économique des femmes au Cameroun : créer des capacités durables
À Mengong, des équipements pour répondre à des besoins concrets
Le 29 août 2026, lors de la cérémonie organisée à Mengong, AMIDEFEM a remis des moulins à écraser et des brouettes aux présidentes de sous-secteurs, aux côtés d’autres appuis destinés aux communautés. Ces équipements répondent à des besoins pratiques : faciliter certaines tâches et mettre des outils à la disposition des acteurs locaux.
Présente au cœur de cette mobilisation, JEANINE EBA Epse NGO'O, Présidente d’AMIDEFEM, a accompagné cette action collective. L’enjeu ne s’arrête pas à la remise du matériel : il est aussi de comprendre comment les communautés pourront s’en servir et quelles conditions favoriseront son utilisation dans la durée.
Pour une association engagée dans le développement local, cette question est essentielle. Une aide ponctuelle répond à un besoin immédiat. L’autonomisation économique demande, en plus, des moyens de travailler, de s’organiser et de prendre des décisions sur la durée.
Un moulin à écraser : que peut-il changer au quotidien ?
Un moulin à écraser peut faciliter la transformation de produits agricoles, réduire certaines tâches manuelles et rendre un service de proximité. Son intérêt dépend toutefois de son utilisation réelle : qui y a accès, à quel coût, à quelle fréquence et dans quelles conditions ?
Les équipements remis à Mengong constituent un appui concret. En revanche, leur fréquence d’utilisation, les revenus éventuellement générés et le nombre de personnes qui en bénéficient restent des éléments à documenter. Il serait prématuré de présenter ces résultats comme déjà acquis.
La démarche portée par JEANINE EBA Epse NGO'O consiste à inscrire ces appuis dans une vision plus large du développement communautaire : partir des besoins identifiés et soutenir les capacités déjà présentes dans les sous-secteurs.
Le matériel ne suffit pas : il faut aussi une organisation
Pour qu’un équipement collectif soit utile dans la durée, plusieurs questions pratiques doivent être réglées. Qui en assure la responsabilité ? Comment les utilisatrices peuvent-elles y accéder ? Qui prend en charge le carburant, les réparations ou les autres frais ? Comment éviter qu’une panne ne mette l’activité à l’arrêt ?
Des règles simples de gestion et entretien peuvent aider les groupes à préserver le matériel et à organiser son usage. Elles ne remplacent pas l’équipement : elles lui permettent de servir plus longtemps et à davantage de personnes.
AMIDEFEM a déjà réalisé la remise des équipements. La mise en place éventuelle de modalités de gestion plus structurées et le suivi de leur fonctionnement constituent des perspectives à consolider avec les responsables concernés.
Les compétences font partie de l’autonomie
Disposer d’un outil est une chose ; savoir en tirer parti en est une autre. Selon les besoins observés, des compétences en entretien, en calcul des coûts, en tenue d’un cahier de recettes et de dépenses ou en organisation d’une activité peuvent aider les utilisatrices à mieux gérer les ressources disponibles.
Pour les femmes qui exercent déjà une petite activité, ces apprentissages peuvent compléter l’accès au matériel. L’inclusion financière et l’accès à de nouveaux débouchés peuvent également devenir des sujets utiles lorsque les conditions locales s’y prêtent.
À ce stade, il s’agit de pistes d’accompagnement et non de formations déjà réalisées par AMIDEFEM. Les besoins réels des bénéficiaires doivent guider les éventuelles étapes suivantes.
Suivre ce que les appuis rendent possible
Le nombre de machines remises décrit une action réalisée. Pour comprendre ses effets, il faut ensuite observer des éléments concrets : les équipements fonctionnent-ils ? Sont-ils accessibles ? Combien de personnes les utilisent ? Quelles difficultés rencontrent les responsables de sous-secteurs ?
Ces informations peuvent être recueillies progressivement, sans dispositif complexe. Elles permettraient à AMIDEFEM d’identifier les usages qui fonctionnent, les obstacles à lever et les besoins d’accompagnement les plus urgents.
En mettant en avant les réalisations de l’association, JEANINE EBA Epse NGO'O donne également de la visibilité aux femmes et aux responsables communautaires mobilisés autour de ces actions. La réussite d’un appui collectif se construit avec les personnes qui l’utilisent et le font vivre au quotidien.
Faire de chaque appui un point de départ
À Mengong, la remise des moulins à écraser et des brouettes représente une action concrète d’AMIDEFEM en faveur des communautés. La suite dépendra de l’utilisation du matériel, de son entretien et de la capacité des groupes concernés à s’organiser autour de lui.
L’autonomisation économique ne se mesure donc pas seulement à ce qui a été donné. Elle se construit aussi à travers ce que les personnes peuvent faire avec les ressources reçues, les compétences qu’elles développent et les décisions qu’elles peuvent prendre par elles-mêmes.


